Debian 10

Retour la distribution Linux Debian, son histoire et la version Debian 10 Buster

Réputée pour sa grande stabilité, la distribution Linux Debian dispose d’autres qualités techniques non négligeables. Elle peut notamment réparer la plupart des failles de sécurité en un temps record. Il s’agit aussi d’une distribution non-commerciale, mise au point par des milliers de développeurs bénévoles qui se trouvent un peu partout dans le monde entier. Tour d’horizon de cette organisation communautaire et de ce système d’exploitation dont la version 10 a vu le jour en juillet 2019.

Debian, de quoi s’agit-il exactement ?

Commençons par le projet Debian qui est une association communautaire et démocratique visant à élaborer un système d’exploitation libre nommé également Debian. Ce dernier comprend ainsi de nombreux programmes et utilitaires de base permettant à l’utilisateur de faire fonctionner son appareil informatique. Et comme tout système d’exploitation, il se compose d’un noyau qui est le programme le plus essentiel de l’ordinateur. Toute la gestion de base des ressources dépend de ce composant. Il permet aussi d’ouvrir et d’utiliser d’autres programmes.

Pour chaque système Debian, le noyau le plus utilisé reste Linux même si certains informaticiens optent pour FreeBSD. Et si Linux est un logiciel mis au point par Linus Torvalds avec l’aide d’une multitude de programmeurs, FreeBSD est un système d’exploitation UNIX libre dont le nom provient de la combinaison du mot free (qui signifie gratuit en anglais) et de Berkeley Software Distribution (qui est l’UNIX développé à l’université de Berkeley). Pour en revenir au Debian, des recherches sont en train d’être déployés afin de lui offrir d’autres noyaux. En cela, tout porte à croire que Hurd, une collection de serveurs fonctionnant au-dessus d’un micronoyau viendra bientôt rallonger la liste des noyaux compatibles Debian.

Dans tous les cas, l’immense majorité des utilitaires de base du Debian sont les résultats du projet GNU. C’est la raison pour laquelle leur nom est généralement affiché comme suit : GNU/Linux, GNU/kFreeBSD ou GNU/Hurd en fonction  du noyau utilisé. Avec des dizaines de milliers de paquets fournis, qui sont des logiciels précompilés faciles à utiliser, Debian donne la possibilité de faire tout ce que vous voulez avec votre ordinateur dont la création d’autres logiciels ou encore l’édition d’un document professionnel. Un gestionnaire de paquets et d’autres utilitaires sont aussi livrés pour vous faciliter la tâche.

En clair, vous pouvez imaginer tout le système comme une sorte de tour avec le noyau comme base, suivi des utilitaires fondamentaux et des logiciels de votre choix. Et au sommet de toute cette structure, vous installerez Debian qui se chargera de tout organiser pour assurer le bon fonctionnement de l’ordinateur.

L’histoire de Debian

Cette technologie informatique a été créée par Ian Murdock en 1993 durant ses années universitaires à Purdue. Le projet GNU lui a très vite offert son soutien. Plusieurs versions (de 0.01 à 0.90) ont vu le jour la même année. Au début 1994, la version 0.91 arrive et ce fut la dernière à déployer un système primitif de gestion de paquets avec très peu d’options, mis au point par seulement quelques dizaines de personnes, y compris Murdock.

Au cours de l’année 1994, le projet Debian est lancé pour permettre à un plus large public d’apporter leur contribution. Aucune version officielle n’a été publiée durant ce temps mais en mars 1995, Debian 0.93 en version 5 est lancé. C’est une version qu’Ian Murdock lui-même considère comme « la première version moderne de Debian ».  En novembre de la même année, la version 6 du Debian 0.93 est sortie et ce fut la dernière à porter le format a.out.

En 1996, Ian Murdock est remplacé par Bruce Perens à la tête du projet. Il a revu le système de base ainsi que les outils relatifs à l’installation pour obtenir de meilleures performances. En deux ans, il a sorti 3 versions de Debian :

  • 1 Buzz livré avec 474 paquets et un noyau 2.0 ;
  • 2 Rex livré avec 848 paquets maintenus par 120 développeurs ;
  • 3 Bo livré avec 974 paquets maintenus par 200 développeurs.

C’est au tour d’Ian Jackson de prendre le relais en 1998 pour diriger l’organisation Debian. Il développe alors les versions 2.0, 2.1 et 2.2. D’ailleurs, la version 2.2 a été la première à proposer des portages pour PowerPC et ARM. Elle était livrée avec 3 900 paquets binaires et 2 600 paquets sources qui ont été maintenus par plus de 450 développeurs.

Au fil des années, Debian a connu des versions de plus en plus performantes. Mais le changement le plus marquant reste celui de 2015 lorsque le système d’initialisation de base a été définitivement remplacé par sysvinit. Ce dernier est plus moderne et plus rapide. De nouvelles fonctionnalités et des paquets logiciels mis à jour ont été également ajoutés. Debian 9.0 arrive en 2017, suivi par Debian 10 en 2019.

bureau de Debian 10

L’essentiel sur Debian version 10

Cette version toute fraîche porte le nom de Buster. Elle propose naturellement une importante évolution de paquets. Il s’agit d’une version majeure qui peut intéresser toutes les distributions qui se basent directement ou indirectement sur Debian (Ubuntu, Linux Mint, etc.). Buster s’accompagne de 57 703 paquets, soit 13 370 de plus que son prédécesseur, le Debian 9. Pour plus de précision, 35 532 paquets ont été mis à jour et environ 7 200 ont été supprimés car leurs outils de gestion étaient jugés trop obsolètes.

Selon les développeurs de Debian 10, 91% de ses sources permettent de mettre en place les mêmes paquets binaires que ceux qui sont déjà fournis. En ce qui concerne les architectures supportées par Buster, on peut citer i386, amd64, arm64, armel (ARM EABI), ARMv7, MIPS, mipsel, mips64el, ppc64el et System z (IBM).

En outre, Debian 10 Buster propose l’activation par défaut de Wayland qui est un serveur d’affichage nettement plus performant et sécurisé que le fameux X.org. L’utilisateur peut donc l’utiliser dans la session GNOME Shell. Cependant, X.org est toujours intégré dans cette version et peut être utilisé comme serveur d’affichage par défaut en cas d’incompatibilité. Buster est par ailleurs compatible avec Secure Boot pour mieux sécuriser votre ordinateur.